
L’association reprend son cycle de groupe de paroles du vendredi de 18H3O à 20H.
Premier thème choisi par les parents : « jalousie et rivalité au sein de la fratrie ou comment les parents donnent la place de chacun dans la fratrie ».
Quatre mères d’enfants ainsi qu’une adolescente de 16 ans (admise exceptionnellement car intéressée par des études de psychologie) rejoints en fin de séance par un couple ont pu évoquer leurs préoccupations concernant les rivalités et disputes des enfants, leurs difficultés à mettre des limites, les revendications des enfants qui se sentent plus ou moins aimés et jalousent la place d’un aîné ou d’un puiné. Un thème qui ramène à leurs propres enfances qu’elles évoquent et qui montre combien la place dans la fratrie joue souvent jusqu’à l’âge adulte.
Comme à l’accoutumée, la séance est rythmée par la lecture de livres de la littérature jeunesse.
Le premier livre choisi : « Un livre pour savoir à quoi ça ressemble d’être adulte » permet de façon humoristique à l’enfant de relativiser la toute -puissance de l’adulte (en miroir de celle de l’enfant ): les adultes peuvent ainsi eux aussi se souvenir qu’ils ont été enfants et qu’ils portent toujours au fond d’eux-mêmes des enfants joueurs, agressifs, peureux, enthousiastes, même si leur tâche d’adultes est de contenir les débordements émotionnels de leurs enfants et de les éduquer à la socialisation.
Le second livre : « La petite sœur est un diplodocus » doit permettre aux parents d’accompagner au mieux l’arrivée d’un bébé dans une famille en s’identifiant à la déception de l’aîné qui voit arriver un petit être qui accapare ses parents, leur soins, et pense-t-il, peut-être leur amour. L’aîné doit partager ses parents alors qu’il ne peut avoir la possibilité de jouer avec lui et n’a pas non plus l’autorisation de régresser aux plaisirs de la petite enfance. C’est alors l’occasion pour les parents empathiques de consoler, de faire accéder leur aîné à la connaissance de ce que c’est que d’être grand ou petit afin de projeter l’enfant vers ses projets d’avenir en dépassant son désir de régression.
Enfin le troisième livre : « autant de familles que d’étoiles dans le ciel » a permis une discussion autour des familles élargies, recomposées ou homoparentales, où il apparaît que ces notions sont loin d’être encore totalement intégrées dans notre société. Toutefois, la famille peut apporter un sentiment d’appartenance, une culture commune, souvent sécurisante qui perdure bien au-delà des séparations et un héritage émotionnel et affectif déterminant bien que conflictuel, qu’il faut parfois choisir d’intégrer ou de dépasser.
Au-delà de ces échanges, deux autres sujets ont été abordés :
- la question de l’exil qui a amené une riche discussion, exil géographique ou exil intérieur, et qu’en est-il du « premier enfant né en France » dans des conditions si différentes de celles du pays d’origine ?
- la question d’un certain déterminisme des places : la place de l’aîné, celle du petit dernier ou la place de l’enfant du milieu peuvent en effet avoir un impact important, selon la façon dont la question est traitée par le parent et par l’enfant lui-même.
Nous nous sommes quittés après introduction du prochain thème : LES ECRANS
Annie Teboul et Anne-Lise Schmitt


